Le simulateur d’indemnités journalières permet d’estimer le montant que verse la Sécurité sociale pendant un arrêt maladie. Mais estimer un montant ne suffit pas à savoir quand l’argent arrivera réellement sur votre compte. Deux mécanismes distincts entrent en jeu : le délai de carence, qui est réglementaire, et le délai de traitement administratif, qui dépend de votre CPAM. Comprendre la différence évite les mauvaises surprises sur votre premier versement.
Le délai de carence : les trois premiers jours non indemnisés
Le délai de carence de trois jours s’applique automatiquement à tout arrêt maladie non professionnel. L’Assurance maladie ne verse aucune indemnité journalière pendant ces trois jours, quel que soit votre salaire ou votre ancienneté.
Concrètement, si votre arrêt débute un lundi, vos IJ ne commencent à courir qu’à partir du jeudi. Le simulateur intègre ce mécanisme dans son calcul, mais il ne modifie pas la date à laquelle le premier virement apparaît sur votre relevé bancaire.
Certaines situations permettent de contourner ce délai. La convention collective ou l’accord d’entreprise peut prévoir une prise en charge employeur dès le premier jour. Les accidents du travail et maladies professionnelles ne sont pas soumis au délai de carence. La maternité relève d’un régime propre.
Calcul des IJ : la formule et le plafond à connaître
Le simulateur applique une formule fixe pour les salariés du secteur privé. Le salaire journalier de base (SJB) est calculé en divisant la somme des trois derniers salaires bruts par 91,25. L’indemnité journalière brute correspond à 50 % de ce SJB.
Un plafond s’applique : le salaire mensuel pris en compte ne peut pas dépasser 1,4 SMIC mensuel, soit 2 613,83 € bruts pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet de l’année de référence indiquée dans le contexte de recherche. Au-delà de ce seuil, la partie supplémentaire de votre rémunération n’entre pas dans le calcul.
Sur le montant brut obtenu, un prélèvement de 6,70 % (CSG et CRDS) est appliqué pour obtenir le montant net effectivement perçu.
- SJB : total des 3 derniers salaires bruts divisé par 91,25. C’est la base de tout calcul d’IJ maladie.
- Indemnité journalière brute : SJB multiplié par 50 %, dans la limite du plafond de 1,4 SMIC mensuel.
- Indemnité journalière nette : montant brut diminué de 6,70 % de prélèvements sociaux (CSG + CRDS).
Le simulateur reproduit ces trois étapes. Si votre salaire dépasse le plafond, l’écart entre votre revenu habituel et l’IJ nette sera plus marqué que pour un salarié sous ce seuil.

Délai de traitement CPAM : ce que le simulateur ne peut pas anticiper
Le simulateur calcule un montant, pas une date. Or le premier versement dépend aussi du temps que met votre CPAM à traiter le dossier. Ce délai administratif varie selon les caisses et la complétude des pièces transmises.
Deux documents sont nécessaires pour déclencher le paiement : l’arrêt de travail signé par le médecin, transmis dans les 48 heures, et l’attestation de salaire établie par votre employeur. Si l’attestation tarde, le traitement du dossier est bloqué côté caisse, même si votre arrêt a été bien envoyé.
Pour les arrêts dépassant six mois, des vérifications supplémentaires peuvent intervenir. Des assurés ont signalé que leur CPAM leur a demandé une nouvelle attestation de salaire ou des bulletins de paie pour poursuivre l’indemnisation. Ce type de demande allonge le délai avant le versement suivant et peut, dans certains cas, bloquer le déclenchement de la prévoyance complémentaire, qui attend souvent la preuve de paiement des IJ pour prendre le relais.
Conditions d’ouverture de droits avant d’utiliser le simulateur
Le simulateur suppose que vous êtes éligible aux IJ. Ce n’est pas automatique : des conditions d’ouverture de droits doivent être remplies.
Pour un arrêt inférieur à six mois, les principales conditions portent sur le nombre d’heures travaillées ou le montant de cotisations versées au cours des mois précédant l’arrêt. Pour un arrêt de longue durée (au-delà de six mois), les exigences sont plus strictes et les justificatifs demandés plus nombreux.
- Vérifiez votre situation sur votre espace Ameli avant de saisir vos données dans le simulateur : un dossier incomplet ou des droits non ouverts rend l’estimation sans objet.
- Si vous êtes demandeur d’emploi indemnisé par France Travail, un simulateur spécifique s’applique : les règles de calcul diffèrent de celles des salariés en poste.
- Un salarié agricole dépend de la MSA et non de la CPAM : les conditions et le simulateur utilisé sont distincts.
Maintien de salaire employeur et IJ : une articulation à ne pas négliger
Le maintien de salaire par l’employeur est souvent prévu par la convention collective, mais il ne remplace pas les IJ : il les complète. L’employeur avance tout ou partie du salaire pendant un nombre de jours variable selon l’ancienneté, puis se fait rembourser les IJ par la Sécurité sociale via la subrogation.
Si votre employeur pratique la subrogation, vous percevez directement votre salaire habituel (ou une partie) sans attendre le versement direct de la CPAM. Dans ce cas, le délai de carence de trois jours reste à votre charge, sauf si la convention collective le supprime.
Si votre employeur ne pratique pas la subrogation, vous recevez séparément ce qu’il maintient et ce que verse la CPAM. Le premier versement de la CPAM peut alors prendre plusieurs semaines, selon le délai de traitement du dossier.
Avant un arrêt prévu (intervention chirurgicale, par exemple), vérifier ces dispositions dans votre convention collective permet d’anticiper avec précision la période sans versement et d’ajuster votre trésorerie en conséquence. Le simulateur donne le montant des IJ Sécurité sociale, mais l’impact réel sur votre budget dépend aussi de ce que maintient votre employeur et du moment où chaque flux arrive.

