Depuis que les médicaments comme l’Ozempic et le Wegovy ont défrayé la chronique, le GLP-1 est sur toutes les lèvres. Ce que l’on sait moins, c’est que cette hormone n’est pas une invention pharmaceutique : le corps la fabrique lui-même, à chaque repas. D’où une question qui intéresse de plus en plus de personnes soucieuses de leur alimentation : peut-on stimuler naturellement sa production par ce que l’on mange ? C’est précisément ce qu’explore l’approche dite du regime glp1, qui consiste à orienter ses choix alimentaires pour favoriser la sécrétion endogène de cette hormone.
Le GLP-1, une hormone produite par l’intestin à chaque repas
Le GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1) est une incrétine sécrétée par les cellules L de l’intestin grêle dès que des nutriments arrivent dans le tube digestif. Son action est triple : il stimule la production d’insuline (uniquement quand la glycémie est élevée), ralentit la vidange gastrique pour prolonger la sensation de satiété, et envoie au cerveau un signal coupe-faim. Résultat : moins de fringales, une meilleure régulation du repas suivant.
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Petit bémol physiologique : cette hormone est dégradée très rapidement par une enzyme, la DPP-4, en à peine une à deux minutes après sa sécrétion. C’est d’ailleurs cette durée d’action très courte qui a motivé la mise au point de médicaments analogues à demi-vie prolongée. Pour la stimuler naturellement, il faut donc jouer sur la fréquence et la qualité des signaux envoyés à l’intestin à chaque prise alimentaire.
Fibres, protéines, bons acides gras : les trois leviers de l’alimentation
Les fibres solubles et fermentescibles constituent le levier le mieux documenté. Quand elles arrivent dans le côlon, les bactéries du microbiote intestinal les fermentent et produisent des acides gras à chaîne courte (butyrate, propionate), qui stimulent directement les cellules L. Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), l’avoine, les légumes variés et les fruits entiers sont particulièrement intéressants à ce titre. Un fruit entier sera toujours préférable à un jus, dont les fibres ont disparu.
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Les protéines alimentaires jouent également un rôle notable : elles ralentissent la vidange gastrique et prolongent la satiété. Les poissons gras (saumon, sardines, maquereaux), les œufs, les yaourts nature et les légumineuses cumulent cet effet protéique avec d’autres bénéfices. Les bons acides gras, enfin, notamment les oméga-3 et les graisses mono-insaturées présentes dans l’huile d’olive, les avocats ou les noix, figurent aussi parmi les stimulants des cellules L intestinales. Ces trois leviers ne s’excluent pas : une assiette qui associe légumineuses, légumes verts et un filet de poisson gras coche plusieurs cases à la fois.
Alimentation et médicaments : deux approches qui ne se substituent pas
Depuis le 15 juin 2026, le Wegovy et le Mounjaro sont remboursés à 65 % pour le traitement de l’obésité en France, suite à un arrêté publié au Journal officiel le 28 mai 2026. La prescription reste strictement encadrée : elle est réservée aux patients avec un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m², uniquement en deuxième intention, après un suivi nutritionnel insuffisant, et en association à un régime et une activité physique. La Haute Autorité de Santé, dans ses recommandations sur l’obésité (2023), place d’ailleurs la nutrition et l’activité physique en première ligne, avant tout traitement médicamenteux.
Stimuler naturellement son GLP-1 par l’alimentation n’est pas équivalent à un traitement médicamenteux, et il serait trompeur de le présenter ainsi. Ce que l’on mange peut soutenir la sécrétion hormonale naturelle et contribuer à un meilleur équilibre alimentaire, mais les personnes concernées par une obésité ou un diabète de type 2 doivent rester accompagnées par un médecin.
Miser sur des assiettes riches en fibres, en protéines de qualité et en bons acides gras reste une démarche utile pour tout le monde, indépendamment de toute prescription médicale.

